La chasse aux blaireaux dans le collimateur des associations

La chasse aux blaireaux dans le collimateur des associations

Le déterrage consiste à traquer les animaux sous terre avec des chiens, puis à les extirper et les tuer.

Comme chaque année au printemps, la saison du «déterrage de blaireaux» s’ouvre ce mercredi 15 mai par dérogation dans 75 départements français. Cette technique de chasse traditionnelle consiste à traquer l’animal jusque dans son terrier avec l’aide de chiens dressés, puis à creuser pour l’extirper avec une longue pince et le tuer à l’arme blanche. Le ministère de l’Environnement dénombre près de 40.000 pratiquants et 70.000 chiens (teckel, fox-terriers ou jack-russell). Ils sont regroupés au sein d’environ 1500 «équipages» affiliés à l’association des déterreurs (ADD).

» LIRE AUSSI – L’élimination des blaireaux suscite la polémique

La pratique, aussi appelée «vénerie sous terre», est dénoncée par plusieurs associations dont One Voice mais aussi l’Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas) , qui réclament son interdiction. L’Aspas va reconstituer ce mercredi sur la place de la République, à Paris, une scène de chasse intégrant un faux terrier, des blaireaux en peluche ainsi que la pince utilisée pour saisir le mustélidé, afin de «mettre en lumière la cruauté de cette pratique».

«La traque dans les galeries souterraines, qui peut durer plusieurs heures, engendre un stress et une souffrance intenses à une période où il y a des bébés non sevrés dans les terriers, déplore Madline Rubin, directrice de l’Aspas. Le blaireau est une espèce protégée dans la plupart des pays européens. En France, il n’est pas considéré comme nuisible mais il peut être chassé». Le déterrage perturbe en outre, selon l’association, l’ensemble du groupe social ainsi que d’autres espèces.

75.000 signatures

Environ 12.000 blaireaux seraient ainsi tués chaque année, sur une population dont l’effectif total n’est pas connu. Quelque 10.000 autres seraient abattus dans le cadre d’autorisations ponctuelles délivrées par les préfectures, en cas de dégâts causés aux cultures agricoles, aux digues et aux talus de la SNCF, ou en prévention de la tuberculose bovine dont le petit mammifère est un réservoir. Des chiffres auxquels il faut ajouter les milliers de blaireaux écrasés sur les routes. Présent dans toutes les régions, sauf en Corse, l’animal vit principalement la nuit et se nourrit de vers de terre, de crapauds, grenouilles, d’insectes et de fruits. Il creuse de vastes terriers à l’architecture complexe, sur deux ou trois niveaux.

Dans un avis rendu en 2016, le Conseil scientifique du patrimoine naturel et de la biodiversité (CSPNB) a lui aussi dénoncé les «méthodes choquantes» utilisées pour l’éliminer, citant: «inonder et obturer les terriers, ce qui entraîne la noyade des blaireaux, assommer les blaireaux et blaireautins à coups de pelle à leur sortie du terrier la nuit ou après les avoir déterrés violemment». Une pétition lancée par l’Aspas l’an dernier pour réclamer l’interdiction de la vénerie avait recueilli près de 75.000 signatures.

L’Association française des équipages de vénerie sous terre défend, elle, une chasse appartenant au patrimoine dont elle assure les bonnes pratiques: «utilisation de pinces non vulnérantes, remise en état du terrier et de son environnement, attention portée aux chiens et respect du gibier».

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O artigo foi publicado originalmente em Le Figaro.

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