Zones défavorisées : les agriculteurs lèvent les barrages autour de Toulouse

Zones défavorisées : les agriculteurs lèvent les barrages autour de Toulouse

Ce mercredi, les agriculteurs ont bloqué les axes routiers de Toulouse une partie de la journée pour manifester contre la réforme européenne des zones défavorisées. Suite à des nouvelles « positives » d’une réunion au ministère, les syndicats ont appelé à la levée des barrages en fin de journée.

Tracteurs, remorques et pneus, ballots de paille ou fumier : les axes de Toulouse ont été bloqués une partie de la journée de mercredi par les agriculteurs en lutte contre la réforme européenne des zones défavorisées. Mais des nouvelles « positives » d’une réunion au ministère ont amené les syndicats à appeler à la levée des barrages.

« Il y a eu des signes encourageants du ministère », a déclaré à l’AFP Sophie Misiak, directrice de la FRSEA (branche régionale de la FNSEA) : « le ministère dit qu’ils sont en train de refaire des simulations avec quelques critères proposés par l’Occitanie, ce qui nous permettrait de re-rentrer 345 communes par rapport à la carte du 20 décembre, qui en excluait 508 ».

« C’est positif. Les choses sont allées plutôt en notre faveur. Tout le monde va rentrer dans sa ferme après le dîner. Il faut laisser retomber la pression car certains sont là depuis plusieurs jours », a confirmé Élodie Doumeng, une des responsables des Jeunes Agriculteurs de Haute-Garonne.

Une mobilisation la semaine dernière déjà

Dans l’après-midi, les manifestants s’étaient installés sur le périphérique, provoquant d’importants ralentissements. La semaine dernière, ils avaient déjà paralysé la Ville rose, quatrième agglomération de France et siège mondial d’Airbus.

« La colère monte quand les personnes n’ont plus d’avenir », avait affirmé un céréalier s’exprimant sous couvert de l’anonymat près de Toulouse.

En matinée, des agriculteurs en colère s’étaient positionnés sur l’A61 (entre Toulouse et Narbonne) à hauteur d’Avignonet-Lauragais (Haute-Garonne). Une vingtaine de tracteurs et de camions avaient été stationnés sur la voie où deux feux de pneus et de palettes ont été allumés. Les rails de sécurité avaient été démontés pour installer ce barrage.

La voie de chemin de fer (entre Toulouse et Narbonne) passant à proximité avait été également entravée. Des blocages avaient aussi été mis en place sur les autres autoroutes menant à Toulouse.

« Sans aide, c’est la désertification »

« En zone défavorisée, nous avons des rendements inférieurs et des coûts supérieurs. Sans aide, c’est la désertification », a fait valoir Sophie Maniago, une des responsables de la FDSEA11 (Aude), agricultrice à Fonters-du-Razès.

Pour les agriculteurs, la réforme des zones défavorisées, cela peut être « la mort des exploitations ». « Nous aurions des pertes entre 8 000 et 10 000 euros. Ce sont des territoires qui se referment, qui vont se désertifier, des villages qui vont mourir », a-t-elle ajouté.

La FRSEA et les Jeunes Agriculteurs de plusieurs départements du Sud-Ouest contestent depuis plusieurs jours le projet européen de redécoupage des zones défavorisées qui doit entrer en vigueur au printemps et pourrait amputer les revenus de nombreux exploitants.

« Rien n’est acté officiellement. Nous n’avons pas de carte », a constaté Nicolas Ates, un représentant des JA, pour lequel « la pression pourrait remonter vendredi » au moment où doit se tenir une réunion nationale. « Maintenant, nous avons besoin de souffler. Mais il est regrettable qu’il faille en arriver là pour se faire entendre », a-t-il ajouté.

Le Tarn-et-Garonne « département mort »

Dans le Tarn-et-Garonne, épicentre de la colère depuis plus de dix jours, les manifestants avaient eux bloqué les principaux axes routiers pour en faire un « département mort » toute la journée.

Là aussi, un appel à la levée a été lancé. « On va continuer à négocier », a assuré Édouard Forestié, président des Jeunes Agriculteurs, constatant qu’il reste encore une « trentaine de communes exclues des aides européennes ».

En Nouvelle-Aquitaine, le mouvement s’était concentré essentiellement sur le Lot-et-Garonne, avec environ 200 agriculteurs, de la Coordination rurale 47. Plusieurs barrages avaient été disposés aux entrées des villes d’Agen et de Marmande.

« Nous sommes satisfaits de la réunion au ministère de l’agriculture. La nouvelle carte qu’on nous propose réintègre totalement le Lot-et-Garonne, nous gagnons même cinq communes, c’est un solde positif », s’est félicité le président de la Coordination rurale 47 Patrick Franken.

Enfin, dans l’Indre-et-Loire, autour de Tours, une cinquantaine d’éleveurs avait manifesté dans le centre-ville.

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