Valérie Lemercier : « J’ai besoin de rire et de faire rire »

Valérie Lemercier : « J’ai besoin de rire et de faire rire »

Valérie Lemercier, actrice, scénariste et réalisatrice, aime aussi chanter et dessiner. Son dernier film, “Marie-Francine”, sort ce mercredi.

Valérie Lemercier n’est pas arrivée au journal en pyjama, comme elle l’avait fait quelques jours plus tôt, dans les studios d’Europe 1, « parce qu’elle n’avait rien à se mettre ».

Jean, petite chemise écossaise, lunettes de soleil, cette grande brune de 53 ans est là pour rencontrer trois de nos lectrices à l’occasion de la sortie de Marie-Francine, son cinquième film en tant que réalisatrice. L’histoire d’une quinquagénaire issue de la bourgeoisie parisienne quittée par son mari, qui perd son travail et se trouve contrainte de retourner vivre chez ses parents.

Un film drôle et « plein de tendresse », observe Roselyne Guilleux, de Changé (Mayenne), qui avoue avoir versé une larme. « Comment vous est venue l’idée? » embraye Patricia Cochereau, chef d’entreprise familiale à Rennes. « Un ami m’a raconté qu’à 17 ans il avait une petite copine, mais qu’il ne s’était rien passé parce qu’ils n’avaient pas d’endroit où abriter leurs premiers émois. Je me suis dit que ce serait drôle que ces problèmes d’adolescents arrivent à des gens de 50 ans », explique Valérie Lemercier.

Valérie Lemercier avec Roselyne Guilleux, Patricia Cochereau et Catherine Denion. | Joël Le Gall

Un prénom du 16e

Patricia se demande comment la réalisatrice s’y prend pour démarrer un scénario. « J’ai pris de quoi me nourrir pendant quinze jours et je me suis enfermée dans mon petit atelier jusqu’à ce que j’aie pondu le noyau, raconte la scénariste-réalisatrice-actrice. J’avais donné une date au producteur parce que je ne travaille que sous la pression. C’est pareil au théâtre. » Ensuite, l’histoire s’étoffe avec des idées qui peuvent venir « en marchant, au cinéma ».

Catherine Denion, aide-soignante dans un centre anticancéreux à Nantes, s’interroge sur le titre du film, qui est le prénom du personnage interprété par Valérie Lemercier, porté par une quinzaine de femmes seulement en France.

« J’ai une amie qui s’appelle Marie-Francine. Elle n’a pas grand-chose à voir avec la mienne, à part qu’elle a grandi dans le 16e. Mais je trouvais son nom drôle, il en dit long sur le milieu dans lequel mon personnage a grandi. »

« Pourquoi encore un rôle de bourgeoise? » s’interroge Roselyne. Valérie Lemercier a en effet démarré sa carrière sous les traits de Lady Palace, gardienne du bon goût dans la série Palace (diffusée sur Canal + à la fin des années 1980).

On retrouve son timbre haut perché et son petit air coincé dans Les visiteurs (qui lui vaut l’un de ses deux César du Meilleur second rôle féminin), dans Neuilly sa mère!, Le Petit Nicolas«C’est un terrain de jeu qui m’amuse, sourit notre invitée. Il y a à la fois beaucoup d’hypocrisie et un optimisme à tous crins dans ce milieu. »

Ses parents étaient agriculteurs en Normandie. La bourgeoisie parisienne, elle l’a découverte quand elle est arrivée dans la capitale, après des études au conservatoire de Rouen. « Il y a un peu de ça dans ma famille quand même, reprend l’actrice, expliquant qu’on puise forcément dans ce qui nous est familier. Je ne vais pas aller faire un film dans le 9.3, je ne saurais pas faire. »

Mais dans les cinq one-woman-shows qu’elle a montés, souligne-t-elle, elle « joue un tas de personnages différents, Jean d’Ormesson comme une petite fille de 8 ans, un veuf belge ». Elle apprécie la souplesse et la liberté qu’offre le théâtre par rapport à la lourdeur du cinéma, qui requiert du temps, un budget, une armée de techniciens, d’acteurs, de producteurs. Ses prestations sur les planches sont moins connues du grand public, mais elles ont été saluées par trois Molière.

Là aussi, son terrain de prédilection reste l’humour. Elle se sent bien incapable de « passer trois ans sur un film pas drôle. J’ai besoin de faire rire et de rire, qu’il y ait de l’émotion aussi. Je pense que c’est plus dur de faire rire que pleurer parce qu’il n’y a pas de recette »Marie-Francine « n’est pas un film pour Cannes », affirme Valérie Lemercier sans l’ombre d’une amertume. Mais elle déplore que la comédie reste encore « considérée comme un sous-genre ».

Dessin et chanson

Autre casquette méconnue de Valérie Lemercier : le dessin. Elle a illustré Pierre et le loup (dont elle a fait la voix) et réalisé toutes les affiches de ses spectacles. « J’ai fait un bac de dessin et j’aime dessiner. » Elle a aussi écrit un dessin animé, Nini dans les grands magasins, « qui sortira dans très longtemps parce que c’est très long à faire ».

« Et la chanson? » s’enquièrent nos lectrices. « J’aimerais enregistrer un disque de reprises », répond Valérie Lemercier, qui a déjà sorti un album en 1996 et fait quelques duos, comme avec Marc Lavoine.

Valérie Lemercier a maintenant un grand projet : « Passer mon permis de conduire! » Et prendre enfin plus de cinq jours de vacances, ce qu’elle n’a pas fait depuis des années, dit-elle.

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