Noémie, agricultrice espère bon sens et projet

Noémie, agricultrice espère bon sens et projet

Près de Montmorillon, Noémie Radet élève un demi-millier de moutons. Elle cherche encore le candidat qui fera preuve de “bon sens” pour l’agriculture.

J e ne vote pas FN! Ça vous intéresse quand même? Éreintée par quinze jours d’agnelages difficiles dans son élevage de 500 brebis, Noémie Radet a trouvé un peu de temps pour parler politique. Les derniers mois n’ont pas été bons pour les éleveurs de moutons de la région de Montmorillon (Vienne). Peu de pluie et pas d’herbe dans les prairies, obligeant à acheter des compléments alimentaires. « Malgré cela, les brebis sont faibles, elles ont du mal à la mise bas, il y a de la mortalité », explique la jeune femme qui a repris en 2014 l’élevage de son père dans le village de Thollet. « J’espère qu’on se rattrapera cette année si les conditions reviennent à la normale. En attendant, la sécheresse n’a pas beaucoup intéressé les politiques. L’élevage en général d’ailleurs. Les laitiers, qui sont dans la situation la plus dramatique, ont manifesté des semaines avant d’être entendus. »

Si la filière ovine n’est « pas la plus maltraitée » actuellement, Noémie Radet s’inquiète de l’écho croissant des mouvements « antiviande », alimenté notamment par les dérapages filmés dans des abattoirs: « C’est inacceptable, je ne tolérerai pas qu’on traite mes animaux comme ça. Mais si on arrête de manger de l’agneau, il n’y aura plus de prairies, plus de haies, plus d’arbres. On aura des parcelles de céréales de 60 ha. C’est vraiment ce que veulent les écolos? »
En tant qu’électrice de gauche, « le débat sur les 35 heures m’intéresse même si j’ai fait le choix d’en faire 70 », dit-elle en riant, Noémie Radet n’a pas encore arrêté son choix pour la présidentielle: « J’écoute la radio toute la journée et je ne les ai pas beaucoup entendus parler d’agriculture. Ce dont on manque, c’est de bon sens: l’agriculture est souvent présentée de façon manichéenne entre les productivistes et les bio. » Le « berger » Jean Lassalle aurait sans doute beaucoup à dire: « Je ne l’ai pas entendu. On ne sait pas quoi faire des “grands” candidats, mais on ne peut pas non plus se disperser. »
L’éleveuse rejette en tout cas tous les programmes anti-européens: « Il y a eu des décisions stupides comme l’arrêt des quotas laitiers, mais l’agriculture est soutenue par l’Europe. Les aides européennes paient mes charges! On ne peut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. »
On dit pourtant que Marine Le Pen séduit de nombreux agriculteurs: « Je ne sais pas… On le dit mais il y a aussi de la caricature. La sortie de l’Europe ce serait catastrophique pour nous. Et pas seulement pour nous. Quand je vote, ce n’est pas en tant qu’agricultrice: j’attends une vision politique, un projet d’avenir. En démocratie, on a les dirigeants qu’on mérite. On ne doit pas être très méritants ! La seule qui a fait preuve de courage politique, c’est Angela Merkel lors de la crise des migrants. Mais pour notre présidentielle, ça ne me dit pas pour qui voter. »

Comente este artigo
Anterior Déchets agricoles : collecte
Próximo Les élus pour le maintien de l'aide ICHN pour les éleveurs

Artigos relacionados

Internacional

Un milliard de FCfa pour installer de jeunes agriculteurs camerounais en 2017

(Agence Ecofin) – Le Programme d’appui à l’installation des jeunes agriculteurs (PAIJA), implémenté par le ministère camerounais de l’Agriculture depuis 11 ans, injectera une enveloppe d’un milliard de francs Cfa, en 2017, dans l’installation des jeunes dans l’agriculture, à travers le financement de projets dans ce secteur d’activité. […]

Internacional

EU farmers on ‘front line’ in delivery of SDGs and climate change commitments

By Adam Sharpe
Published: 23 May 2017 04:31 PM

Farmers will play a vital role in the EU meeting objectives on the United Nation’s Sustainable Development Goals (SDGs) and the Paris Climate Change Agreement and this must be reflected in proposals for the CAP post-2020, […]

Internacional

Moisson 2017 « Globalement, pas d’inquiétudes sur la qualité des blés tendres »

Interrogé lors du conseil spécialisé céréales de Franceagrimer du 12 juillet 2017 sur d’éventuels impacts des récents épisodes de pluies et d’orages, le président du conseil, Rémi Haquin, a expliqué qu’il n’y avait pas d’inquiétudes à avoir sur les blés tendres. « Au conseil, on ne nous a pas fait part d’inquiétudes sur le blé […]