L'Europe serre les rangs face à la xylella, la tueuse d'oliviers

L'Europe serre les rangs face à la xylella, la tueuse d'oliviers

Réunis à Paris vendredi, des ministres européens de l’Agriculture et le commissaire européen à la Santé, Vytenis Andriukaitis, annoncent la création d’un laboratoire de référence européen pour faire face à la bactérie.

Renforcer la recherche et la prévention, sensibiliser le grand public: une dizaine de pays européens veulent lutter contre la progression de la xylella qui décime les oliviers du sud de l’Italie et a déjà infecté une cinquantaine de végétaux en Europe.

La lutte contre cette bactérie nuisible pour les végétaux, détectée pour la première fois en Europe en 2013 dans les Pouilles (sud de l’Italie) « est une priorité pour l’Europe », a déclaré le ministre français de l’Agriculture Stéphane Travert, hôte de la réunion convoquée vendredi à Paris autour du commissaire européen à la Santé, Vytenis Andriukaitis.

Un plan d’action sera présenté lors du prochain conseil agricole européen en janvier, comportant notamment un renforcement de la recherche, de la prévention et de la surveillance, ainsi que des mesures de sensibilisation des populations, pour éviter de répandre la maladie via les transports de végétaux intra-européens.

Transmise par les cigales

La bactérie, connue aux Etats-Unis sous le nom de maladie de Pierce (qui a fortement touché les vignobles californiens à la fin du 19e siècle) est transmise par des insectes de la famille des cigales. Elle a été détectée à ce jour dans quatre pays européens (Italie, France, Espagne, Allemagne), avec des effets différents selon les végétaux et les conditions climatiques.

Dans le sud de l’Italie (provinces de Lecce, Taranto et Brindisi), elle détruit les oliviers en les desséchant, mais pas les agrumes.

Plusieurs recours devant le tribunal ont ralenti l’enlèvement d’oliviers infectés dans les 20 derniers kilomètres de la zone infectée, et plusieurs plantes infectées ont été récemment détectées dans la zone tampon, confirmant la progression continue de la bactérie vers le nord de la région, indiquent les documents distribués lors de la réunion.

En Espagne, elle a été détectée en octobre 2016 sur des amandiers, des oliviers et d’autres espèces végétales sur l’île de Majorque, puis les îles d’Ibiza et de Minorque (Baléares), et plus récemment dans la région d’Alicante (Valencia).

Bientôt un laboratoire européen

En France, elle a été signalée pour la première fois en Corse, en juillet 2015.

Au total 25 foyers ont été détectés en région Provence-Alpes-Côte d’Azur et 350 en Corse, mais aucun sur des oliviers. En France, la bactérie a surtout touché des plantes ornementales.

Enfin, en Allemagne, les autorités ont identifié en juin 2016 la présence isolée d’une sous-espèce fastidiosa dans une plante en pot de laurier-rose, dans une serre d’une petite pépinière de Saxe, un pot de romarin et d’autres plantes ornementales. Toutes les plantes ont été détruites.

Aucun remède ne permet actuellement de guérir les végétaux malades en plein champ, et deux projets de recherche sur la xylella fastidiosa sont financés par le programme Horizon 2020 de l’UE.

Le Commissaire Vytenis Andriukaitis a indiqué qu’un « laboratoire de référence » européen allait être créé pour faire face à la bactérie. Un appel d’offres va être lancé au premier trimestre 2017, a-t-on appris dans son entourage vendredi.

Pas de danger pour l’homme

Une campagne de communication devrait aussi être lancée, notamment dans les aéroports et les gares, pour expliquer aux voyageurs les risques pris lors du transport intra-européen d’espèces végétales.

La bactérie n’est transmissible ni à l’homme, ni aux animaux, et n’aime guère le froid. Mais elle peut potentiellement toucher 359 espèces végétales, selon la sous-espèce détectée (multiplex, pauca, fastidiosa, sandyi, morus, tashke).

Outre les quatre pays déjà touchés par la bactérie, les six autres pays représentés vendredi à Paris étaient le Portugal, la Croatie, la Slovénie, la Grèce, Chypre et Malte, potentiellement exposés à son développement en raison de leur climat doux. 

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