Les viticulteurs attendent une reconnaissance culturelle

En Chinonais, la méfiance est de mise quant aux discours politiques simplistes. Comme devant les tentations extrémistes de repli sur soi.

Pas facile de sonder les attentes des viticulteurs à quelques jours d’une élection présidentielle tout à fait atypique. En Chinonais, c’est plus facile de faire parler un professionnel de la défaite des Bleus ou du succès du Tours Volley-Ball que de l’entraîner sur le terrain des préférences politiques.

Et quand bien même, une dégustation prolongée aidant, les langues se délieraient, l’apparition d’un bloc-notes ou d’un micro serait du genre à mettre fin aux confidences.
Surtout dans un vignoble où la vente directe est une part importante du chiffre d’affaires, et où l’on entretient ce climat de confiance, d’échanges qui fidélisent la clientèle. « Bien sûr, on entend de tout, surtout cette année, soupire un viticulteur du Véron, mais, moi, vous savez, je produis du rouge, du blanc, et même du rosé, de quoi plaire au plus grand nombre, qu’importe ce qu’ils votent. »

” La prospérité du vin passe par l’export, pas par la fermeture des frontières “

Président (encore pour quelques jours) du syndicat des vins de Chinon, le Panzoultais Jean-Martin Dutour tient un langage assez voisin : « On n’a pas à avoir un message politique », confie-t-il. Tout juste veut-il bien répondre sur le sujet des attentes de la profession envers le futur président. « Nous voudrions surtout qu’il ne considère pas le vin simplement comme un produit agricole. Il faut que l’on ait la reconnaissance du vin comme produit culturel », explique-t-il.
Et de viser les tenants de la tolérance zéro : « On est dans un monde quasi-hygiéniste, et cela revient à s’asseoir sur des siècles de culture. Nous, on prône l’apprentissage, la dose, le raisonné, l’éducation du palais, et en nul lieu l’excès. »
Pour Jean-Martin Dutour, qui l’a remarqué dans bien des discours, « ce qui est grave, c’est le dogmatisme en général. Je suis effaré du nombre de gens qui disent en deux phrases ce que devrait être l’agriculture. Nos entreprises sont des équilibres vivants, il faut manier ça avec précaution, il faut une agriculture durable, et cela demande que l’on progresse sur la problématique environnementale, sans œillères, en partant du réel. »
Le président du syndicat des vins lâche, avec une bonne dose d’ironie : « On aimerait d’abord qu’un ministre de l’Agriculture connaisse l’agriculture. »
Quittant sa casquette syndicale, Jean-Martin Dutour laisse entendre qu’à titre personnel, il « ne comprend pas le vote extrémiste, fondé sur la peur de l’autre, la peur de demain. » Ni, bien entendu, « le repli sur soi que les deux extrêmes prônent. »
Le viticulteur reprend le dessus dans le raisonnement : « La prospérité du vin passe par l’export, pas par la fermeture des frontières. On produit 45 millions d’hectolitres, et on en boit 30 millions. Le chiffre parle tout seul. »
Sans parler du tourisme, dont les viticulteurs sont parmi les premiers bénéficiaires.

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