L'entretien des berges du Tavignano, enjeu primordial pour l'agriculture et le tourisme

L'entretien des berges du Tavignano, enjeu primordial pour l'agriculture et le tourisme

Le terrain à l’entrée sud d’Aléria a toujours vécu au rythme des crues. Nous sommes ici sur les terres d’Ange Fraticelli, le maire de la commune. Sa famille exploite la prairie inondable depuis des décennies.
 
Mais aujourd’hui, le premier édile constate, impuissant, une dégradation considérable des berges du Tavignano. Avec les dernières pluies, son terrain a reculé de près de cinq mètres. La rivière mange peu à peu les terres des agriculteurs.
 
« Depuis des décennies, c’est la première fois qu’on observe d’aussi gros dégâts. Par l’érosion des berges, par l’apport d’arbres et de sables, qui vont modifier le lit de la rivière. » En créant un méandre en contournant un banc de sable, le cours d’eau accentue l’érosion de la prairie.

L’apparition de couches de sable

 Trois mois après les inondations, les agriculteurs en enlèvent encore les stigmates : clôtures à relever, branchages à dégager… L’eau avait tout submergé. Le maire pointe le manque d’entretien des berges et paradoxalement, l’impossibilité, pour lui, d’agir.
 
« Le problème, c’est que pour entretenir, il faut une autorisation du service de l’eau. Et on ne peut pas faire ce que l’on veut : j’ai proposé d’implanter des cannes de Provence. On m’a fait comprendre que ce n’était pas une espèce endémique, et qu’il ne fallait pas en mettre. Alors que l’on constate qu’elles réduisent l’érosion. »
  Le Tavignano en 2013, avant la crue. / © MAXPPP Le Tavignano en 2013, avant la crue. / © MAXPPP
Face à la législation, les agriculteurs se déclarent pour l’instant incompétents. Philippe Ponteri est l’un des plus gros producteur de maïs et de fourrage de la région. Un phénomène nouveau a touché son exploitation : son terrain de cinq hectares est recouvert d’une couche de sable, épaisse de soixante centimètres par endroits.

Une association pour se faire entendre

Pour comprendre les causes de cet ensablement, une étude de la direction départementale des territoires et de la mer est en cours. Agriculteur et riverains ont été sollicités par les autorités. Une  association des riverains du bas-Tavignano sera créée pour faire entendre leur voix et comprendre les décisions et réglementations.
 
Mais pendant que certains se plaignent d’avoir trop de sable, d’autres, en aval, jugent ne pas en avoir assez. À cause des crues, des troncs d’arbres ont échoué sur la plage d’Aléria, là où Bernard Cabot tient un camping. « Quand un fleuve est bouché, il ne remplit plus son rôle de m’amener suffisamment de sable tous les ans pour que la mer puisse le dispatcher le long de la côte ».
  Un pont génois construit sur le Tavignano. / © MAX PPP Un pont génois construit sur le Tavignano. / © MAX PPP
Pour peser dans les débats, il devra adhérer à l’association est tenter de sauver son activité, tant que la nature lui permettra. Comme Bernard Cabot, les acteurs économiques du littoral esperent beaucoup de l’étude de l’État et de l’Europe et son fonds européen de développement régional. Une espérance partagée avec les agriculteurs.

Comente este artigo
Anterior Europe, Présidentielle et succession de Xavier Beulin au programme de la FNSEA
Próximo Trois motions relatives à l'agriculture adoptées

Artigos relacionados

Internacional

España, paraíso de fundaciones fascistas

En el país que nunca derrotó al franquismo sobrevive un amplio listado de instituciones de corte fascista. Fundaciones privadas que honran la memoria del dictador Franco y un nutrido grupo de golpistas y colaboradores.
Algunos partidos han lanzado una ofensiva parlamentaria para revisar el estatus de la Fundación Francisco Franco, […]

Sugeridas

Deux tiers des Français prêts à payer plus cher les produits alimentaires

Etre un consommateur solidaire des agriculteurs, les Français sont d’accord. Mais attention, la confiance fléchit. C’est l’une des tendances majeures du sondage Ifop-Dimanche Ouest-France que nous publions comme chaque année à l’occasion du Salon de l’agriculture, sur l’image des agriculteurs.
La part des Français prêts à […]

Internacional

DataPoC Noriap et Axereal parmi les six industriels à l'origine d'un challenge numérique

Noriap souhaite mieux anticiper la quantité et la qualité du blé qu’elle réceptionnera. (©Terre-net Média)
Six grands industriels (Alstom, Airbus Safran Launchers, Axereal, General Electric, Gemalto, Noriap) ont lancé 10 challenges numériques devant 150 représentants de start-up, TPE et de PME lors de la conférence de lancement de  […]