La marque « Normandie », concurrente des AOP ?

La marque « Normandie », concurrente des AOP ?

Dans le domaine alimentaire, la nouvelle marque remplacera le label Gourmandie. Des producteurs, vendant sous signe officiel de qualité, s’en inquiètent.

Lancée en grande pompe le 23 juin, à Saint-Arnoult (Calvados), la marque « Normandie » suscite aujourd’hui l’inquiétude des producteurs normands qui vendent sous signe officiel de la qualité et de l’origine (Siqo). Qu’ils s’agissent des treize AOP-AOC (Appellation d’origine protégée ou contrôlée – fromages, calvados, pommeau, poiré etc.), des sept IGP (Indication géographique protégée – volailles et porcs de Normandie, carottes de Créances, etc.) ou des quatorze labels rouges, ces filières craignent que la nouvelle marque ne vienne créer la confusion dans l’esprit du consommateur.

80 % de produits normands dans les lycées

« Il ne faudrait pas labelliser « Normandie » n’importe quelle production sous couvert que l’unité de production se situe en Normandie » , estiment certains représentants des Siqo. Patrick Mercier, président de l’Organisme de défense et de gestion de l’AOP Camembert de Normandie, s’est exprimé publiquement, pour réclamer que la nouvelle marque « Normandie » soit réservée exclusivement aux produits vendus sous signe officiel de qualité.

Dans le cas contraire ? L’Institut national de l’origine et de la qualité (Inao) « ne pourra pas rester sans réaction si des industriels de l’agroalimentaire utilisent la marque « Normandie » pour concurrencer des produits sous sigles de qualité » , déclare-t-on dans la filière AOP fromagère. Problème : l’Inao n’a pas su mettre fin au « fabriqué en Normandie », qui concurrence l’AOP Camembert de Normandie…

« On ne veut mettre personne en porte-à-faux » , affirme Clotilde Eudier, vice-présidente de la Région en charge de l’agriculture. Si « le travail est encore en cours » , le cahier des charges de la marque « Normandie » « reprendra celui du label Gourmandie ». Cette marque régionale, créée en 2003, garantit l’origine (normande), la qualité et la saveur du produit. Pas assez contraignant, selon les défenseurs des Siqo.

Et cela tombe au moment où la Région annonce un objectif de 80 % de produits normands dans les cantines des lycées de la région d’ici 2021. Le 26 juin, les élus normands ont précisé que la priorité sera donnée aux produits sous signes de qualité. Louable mais sans objectif chiffré.

Rappelons que la loi visant à instaurer, en 2020, 20 % de denrées issues de l’agriculture biologique et 40 % issues de circuits courts dans la restauration collective, a été invalidée, en janvier, par le Conseil constitutionnel. Mais, lors des prochains États généraux de l’alimentation à venir en juillet, la question sera de nouveau sur la table. Le chef de l’État, Emmanuel Macron, souhaite introduire 50 % de produits bio et locaux dans la restauration collective d’ici 2022.

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