La dégradation des sols pousse la planète vers une 6e extinction massive du vivant

Le phénomène nuit aussi à 3,2 milliards d’êtres humains selon le premier rapport mondial publié sur le sujet lors de la session plénière de l’IPBES qui se tient à Medelin en Colombie.

Diminution des terres cultivables, mauvaises pratiques agricoles érosion, mais aussi pollution ou encore expansion urbaine… Les sols de la planète se détériorent tellement qu’ils sont dans un état «critique», avertit le rapport de l’IPBES (la plateforme intergouvernementale sur la biodiversité et les services écosystémiques). Cette plateforme (l’équivalent du GIEC pour le climat) qui est portée par 127 états membres sous l’égide de l’ONU a pour objectif de présenter ce que dit la science sur les questions liées à la biodiversité.

Ce travail qui s’appuie sur des milliers d’études est le premier mené à un niveau mondial sur ce sujet. Et il n’est guère plus encourageant que les rapports qui dressaient le 23 mars, à l’ouverture de la séance plénière de l’IPBES à Medelin en Colombie, un état de la biodiversité.

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«Avec des impacts négatifs sur le bien-être d’au moins 3,2 milliards de personnes la dégradation des sols en raison des activités humaines pousse la planète vers une sixième extinction de masse», a souligné le professeur Robert Scholes à l’université Witwatersrand (Afrique du Sud) et l’un des co-rapporteurs de l’étude. «Éviter, réduire et renverser cette situation est une priorité urgente et vitale pour toute la vie sur terre et pour assurer le bien-être des Hommes», a-t-il ajouté. En 2014, moins de 25% des sols à la surface de la Terre avaient échappé à l’impact des activités humaines. «En 2050, ce pourcentage tombera à moins de 10%», estiment les experts de l’IPBES.

Si l’on prend l’exemple de la France métropolitaine qui n’est évidemment pas la zone la plus critique dans le monde, l’Agence française pour la biodiversité rappelle par exemple que l’artificialisation des sols ne cesse de croître. «Ainsi, alors qu’en 2006 la France métropolitaine comptait 4.568.500 hectares artificialisés, cette surface atteint en 2015 5.160.300 hectares», explique-t-elle . «Depuis 2006, la France métropolitaine a donc perdu 590.000 hectares de terres agricoles et d’espaces naturels, principalement sous la forme de surfaces goudronnées (48 % des surfaces artificialisés entre 2014 et 2015), pelouses et bâtiments.»

«De 50 à 700 millions de personnes» pourraient être contraintes à migrer

Rapport de l’IPBES

Mal exploités ou surexploités, les sols perdent en qualité. Cela se traduit par une diminution croissante de «terres cultivables et donc de moyens de subsistance», ce qui «va forcer les gens à partir. Il ne sera plus possible de vivre sur ces terres», rappelle de son côté Robert Watson, professeur à l’Université d’East Anglia (Grande-Bretagne) et président de l’IPBES. Et conjuguée au changement climatique cette situation devrait fortement aggraver les migrations. D’ici 2050, «de 50 à 700 millions de personnes» pourraient être contraintes à migrer ajoute encore le rapport, suivant que l’on essaie, ou non, de remédier à la situation.

Au-delà du diagnostic, l’IPBES donne des recommandations. «L’un de nos buts est de souligner le fait qu’il est possible d’agir et que les gouvernements ont à leur disposition des outils pour ce faire», a précisé Anne Larigauderie, la secrétaire exécutive de l’IPBES à l’AFP. Les bénéfices de la restauration des sols sont dix fois supérieurs à ce que cela coûte, estime-t-elle. «Prendre les mesures adéquates pour combattre la détérioration de la terre peut transformer la vie de millions de gens à travers la planète», a ajouté Robert Watson. «Mais plus on tarde à agir, plus cela sera difficile et coûteux.»

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