La Bilouterie rompt son confinement

La Bilouterie rompt son confinement

Le cou tendu vers l’extérieur, une patte prudente, un timide froissement d’ailes. Les poules sortent de leur bâtiment au compte-gouttes. Les dindons s’égaient plus rapidement. Les canards resteront longtemps à l’intérieur. Le long du grillage des différents enclos, près de 200 sympathisants, clients, collègues, assistent à la scène. « C’est normal qu’elles ne sortent pas, explique Jean-Bertrand Brunet, ces volailles ne sont jamais sorties. Il va leur falloir un peu de temps. »

Élevage en autarcie

L’un après l’autre, l’aviculteur de Dollot a ouvert, hier, les 14 bâtiments occupés de son élevage, la Bilouterie. Rompant ainsi le confinement imposé depuis le 5 décembre 2016 par les autorités sanitaires. La mesure de prophylaxie vise à empêcher que l’influenza aviaire qui décime actuellement les élevages du Sud-Ouest ne contamine l’ensemble du territoire. À la claustration des animaux s’ajoutent des mesures dites de biosécurité, listées par un arrêté, daté du 8 février 2016, du ministère de l’Agriculture.

La Bilouterie a inauguré son abattoir

Des directives dont l’aviculteur icaunais, soutenu par une délégation de la Confédération paysanne de l’Yonne, conteste la pertinence lorsqu’il s’agit de protéger « les élevages autarciques » de petite taille tels que le sien.

« C’est inadapté et excessif. Notre modèle autarcique est différent des élevages industriels de grande envergure qui sont très sensibles aux épidémies, revendique Jean-Bertrand Brunet. Le poulet – arrivé à l’âge d’un jour et qui n’a jamais rencontré d’autres intervenants que nous – est tué dans notre abattoir, sur la ferme, entre 120 et 140 jours plus tard. Il est nourri de ce que nous produisons sur notre ferme et vendu dans un rayon de 80 kilomètres, en AMAP principalement. Si une maladie survenait, elle ne concernerait qu’un nombre limité de volailles sans contaminer d’autres élevages. »

« Quelle agriculture, pour demain ? »

« La question qui se pose, complète Pascal Rouger, représentant de la Confédération paysanne, c’est “quelle agriculture pour demain ?” Le confinement dans les petits élevages indépendants remet en question la qualité des volailles, la garantie apportée par le label. Nous demandons la levée de ce confinement sur tout le territoire pour les élevages autarciques. » 

Le chapon, la volaille du jour

Natalie Favart
natalie.favart@centrefrance.com

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