Grippe aviaire: 6 semaines de vide sanitaire dans le sud-ouest

Pour mettre un terme à l’épidémie de grippe aviaire dans le sud-ouest, le gouvernement a décidé d’imposer un vide sanitaire dans les élevages de palmipèdes de 1.134 communes, du 17 avril au 28 mai, selon un arrêté paru dimanche au Journal officiel.

Entre ces deux dates, “la mise en place de palmipèdes est interdite” dans les élevages et “un vide sanitaire est obligatoire”, ce qui implique en particulier que les bâtiments soient vides de tout animal pour être “nettoyés et désinfectés” et que les déjections animales soient “évacuées” des exploitations, précise le texte.

La reprise de l’élevage de canards et d’oies, prévue le 29 mai, “ne pourra toutefois s’effectuer que dans des conditions strictes de dépistage des animaux et du respect effectif des mesures de biosécurité”, a souligné le ministère de l’Agriculture dans un communiqué.

– “Mesures de biosécurité” –

Pendant un an, jusqu’au 31 mars 2018, des tests de dépistage du virus seront ainsi pratiqués sur les palmipèdes à plusieurs étapes de leur vie et les véhicules servant à les transporter devront être “nettoyés et désinfectés” entre chaque trajet. Les producteurs devront en outre “s’engager par écrit sur l’honneur” à respecter certaines “mesures de biosécurité”.

La zone concernée s’étend sur cinq départements: Haute-Garonne (37 communes), Gers (277 communes), Landes (267 communes), Pyrénées-Atlantiques (320 communes) et Hautes-Pyrénées (233 communes), selon une liste consultée par l’AFP et qui sera prochainement publiée sur le site internet du ministère de l’Agriculture.

Ce territoire englobe les 709 communes visées depuis janvier par l’abattage préventif des oies et canards, dans le but d’enrayer l’épizootie de grippe aviaire H5N8 apparue fin novembre.

En quatre mois, près de 4 millions de volatiles ont été abattus, ce qui a considérablement ralenti la propagation du virus dans l’Hexagone. Au 29 mars, 485 foyers infectieux avaient été recensés dans des exploitations agricoles, en majorité dans les Landes, et 55 cas dans la faune sauvage.

– Des aides et un “pacte” –

Pour beaucoup d’éleveurs, ce vide sanitaire sera le deuxième en un an. Début 2016, la mesure avaient en effet été imposée dans 18 départements, mais était entrée en vigueur plus progressivement.

Entre le manque-à-gagner et les investissements dans de nouveaux bâtiments, cette première crise avait coûté un demi-milliard d’euros, selon le Comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras (Cifog) qui représente les éleveurs et les industriels de la filière.

Cette année, les pertes sont estimées à 250 millions d’euros, pour l’instant. Le ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, a promis dès janvier “plusieurs dizaines de millions d’euros” d’aides publiques, dont le versement devait commencer en mars.

Le vide sanitaire n’aura pas d’incidence sur l’indemnisation des éleveurs, “dont le déploiement se poursuit conformément aux engagements”, assure le ministère.

Au-delà de l’urgence, M. Le Foll a demandé à la filière de revoir ‘le modèle de production du foie gras”, afin de “limiter les transports” d’animaux vivants qui favorisent la diffusion des virus.

Les discussions engagées vont “aboutir à un pacte sur la prévention et la lutte contre l’influenza aviaire dont la signature est programmée le 13 avril”, selon le ministère.

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