Alimentation. Alim’confiance, l’ami rassurant du consommateur

Alimentation. Alim’confiance, l’ami rassurant du consommateur

Ce nouveau dispositif, en ligne depuis ce lundi matin, permet de connaître avec précision les résultats du dernier contrôle sanitaire effectué dans un restaurant, un supermarché, chez un boucher… Pour y accéder : www.alim-confiance.gouv.fr.

Vous rentrez le nom du restaurant, de la cantine, du supermarché, du marché, de l’abattoir, son adresse et paf… Le dernier contrôle sanitaire de l’établissement s’affiche. Incroyable, non ? Rassurant, non ? Depuis ce matin, c’est ce que propose le site www.alim-confiance.gouv.fr. Pour l’instant, sont publiés les résultats des 1 000 à 1 500 établissements contrôlés au mois de mars (55 000 contrôles d’hygiène sont effectués par an).

C’est quoi Alim’confiance ?

C’est un dispositif prévu par la loi d’Avenir pour l’agriculture, l’alimentation et la forêt, du 13 octobre 2014. Il a été imaginé pour rassurer le consommateur sur la qualité des aliments qu’il achète ou mange dans un restaurant. Un consommateur qui, parfois, peut avoir des raisons de ne pas l’être, rassuré…

Une expérience a été menée pendant quelques mois (de juillet à décembre 2015) à Paris et Avignon. Elle se généralise aujourd’hui.

Comment ça marche ?

Pour obtenir des renseignements sur un établissement, le consommateur va sur le site www.alim-confiance.gouv.fr. Soit depuis son ordinateur, soit depuis son smartphone, en chargeant l’application « Alim’confiance » pour smartphones fonctionnant sous iOS, Android ou Windows Phone.

Sur le site, les données seront présentées sur une carte interactive de la France permettant de rechercher l’établissement en rentrant l’adresse de l’établissement. Exemple : Boucherie Sanzot, rue du Professeur Tournesol, 41 700 Moulinsart.

L’utilisateur pourra également filtrer la catégorie d’établissement recherché ou simplement parcourir la carte.

Que trouve-t-on ?

Les données affichées sont le nom de l’établissement, la date de la dernière inspection et le niveau d’hygiène.

Pour les abattoirs, il s’agira d’un niveau de maîtrise sanitaire de l’établissement puisque le résultat du contrôle concerne également le respect des normes en matière de protection des animaux.

Les résultats des contrôles seront disponibles pendant une période d’un an après la date de réalisation du contrôle.

Le niveau d’hygiène des établissements de production et de transformation sera également accessible par la saisie du numéro d’agrément (estampille sanitaire).

Quatre niveaux

Quatre niveaux d’hygiène, identifiés par un petit « smiley » (sourire), sont appliqué. | DR

Quatre niveaux d’hygiène, identifiés par un petit « smiley » (sourire), sont appliqués :

>> Très satisfaisant : établissements ne présentant pas de non-conformité, ou présentant uniquement des non-conformités mineures.

>> Satisfaisant : établissements présentant des non-conformités qui ne justifient pas l’adoption de mesures de police administrative mais auxquels l’autorité administrative adresse un courrier de rappel de la réglementation en vue d’une amélioration des pratiques.

>> À améliorer : établissements dont l’exploitant a été mis en demeure de procéder à des mesures correctives dans un délai fixé par l’autorité administrative et qui conduit à un nouveau contrôle des services de l’État pour vérifier la mise en place de ces mesures correctives.

>> À corriger de manière urgente : établissements présentant des non-conformités susceptibles de mettre en danger la santé du consommateur et pour lesquels l’autorité administrative ordonne la fermeture administrative, le retrait, ou la suspension de l’agrément sanitaire.

Possibilité d’affichage

Le ministère de l’Agriculture et de l’Agroalimentaire précise que « les établissements de remise directe (restaurants, métiers de bouche, distributeurs) et de restauration collective auront la possibilité d’afficher sur leur devanture le niveau d’hygiène de l’établissement ».

L’affichette leur sera transmise par les services départementaux de l’État. Elle sera également téléchargeable sur le site Internet.

Restaurateurs au frein

Seront-ils nombreux à la demander, l’affichette ? Pas sûr, si on en croit l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (Umih). « On n’avait pas besoin de mesures comme ça, en ce moment, avec la baisse du volume d’affaires de 3 % enregistrée dans l’hôtellerie-restauration en 2015 et en 2016 », estime Hubert Jan, l’un des responsables de l’Umih.

Pour lui, « l’hygiène alimentaire est un prérequis à l’exercice du métier de restaurateur ». L’Umih souhaitait seulement deux niveaux de note. « Soit le restaurant est conforme, soit il ne l’est pas et il est fermé », indique Hubert Jan.

Il pense que même le sigle « satisfaisant » serait « anxiogène » pour les consommateurs.

Des doutes sur la méthode

L’Umih n’est pas tout à fait d’accord, non plus, avec la méthode… « Si le stockage, la manutention de la nourriture, la formation des personnels sont parfaits, une simple dalle de carrelage fendue peut justifier le passage de la mention « très satisfaisant » à « satisfaisant » comme l’ont montré les expérimentations menées à Paris et Avignon », explique Hubert Jan.

La mention « très satisfaisant » ne lui plaît pas non plus. « Durant les expérimentations, certains s’en sont servis comme argument publicitaire face à des restaurants du voisinage qui, eux, n’avaient pas été contrôlés et ne pouvaient donc pas répondre », raconte-t-il. Il y a, selon lui, un problème « d’inégalité de traitement et d’équité » commerciale, selon lui.

Enfin, l’Umih s’inquiète de l’absence de protection des données numériques qui pourront être récupérées par les réseaux sociaux et autres guides gastronomiques en ligne.

Le ministère serein

Le ministère ne partage pas ces craintes. « Les objectifs de cette mise en transparence sont de valoriser les établissements qui travaillent bien, de répondre à la demande des consommateurs, et globalement, d’améliorer le niveau global d’hygiène dans tout le pays », indique la responsable du projet.

Et de rappeler que ce type de mesures a déjà été pris dans huit pays européens : Royaume-Uni, Pays-Bas, Belgique, Irlande, Danemark, Finlande, Lituanie, Norvège. Et que l’Allemagne et la Suède devraient s’y mettre.

« Dans tous ces pays, la mesure s’est accompagnée d’une amélioration du niveau sanitaire des établissements », souligne le ministère. En dix ans, au Danemark, on aurait constaté une amélioration de 20 % du niveau global d’hygiène.

Pas inutile…

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