Agriculture en campagne – la parole à Benoit Hamon

Agriculture en campagne – la parole à Benoit Hamon

Benoit Hamon, vainqueur de la primaire de gauche, répond aux trois questions posées aux candidats à l’élection présidentielle par le Forum de l’agriculture responsable et respectueuse de l’environnement (Farre) et campagnesetenvironnement.fr.

Quel est selon vous le premier défi que doit relever l’agriculture française dans les prochaines années ?
Benoît Hamon : L’agriculture française est confrontée aujourd’hui à de nombreux défis, au premier rang desquels, le défi environnemental et le défi du changement climatique. Sur le plan de l’environnement, nous assistons à la fois à une perte de la fertilité des sols, à une diminution de la biodiversité, à l’accroissement des gaz à effet de serre et des pollutions multiples : eau, air, sols. Ce mode de développement n’est pas durable.

Nous devons faire évoluer nos pratiques. Il faut cependant arrêter de voir l’agriculture uniquement comme un problème pour l’environnement. L’agriculture a un rôle fondamental à jouer dans la préservation des écosystèmes et constitue au contraire, l’une des solutions au défi de l’environnement et du réchauffement climatique. Si l’agriculture et la forêt sont deux secteurs particulièrement vulnérables aux impacts du changement climatique, ils peuvent et doivent activement participer à lutter contre ce phénomène.

L’émergence d’une société de la transition écologique, solidaire et innovante, est une nécessité. Il faut accompagner l’agriculture dans sa mutation vers de nouveaux modèles de développement plus durables et plus respectueux de l’environnement.

Quels sont les points clés de votre programme à l’élection présidentielle pour développer une agriculture respectueuse de l’environnement ?
Premièrement, je propose privilégier des solutions alternatives aux pesticides en développant les méthodes naturelles, techniques culturales, les biocontrôles. Des efforts ont déjà été entrepris avec la mise en place le nouveau plan écophyto 2018, mais il faudra aller plus loin en s’appuyant sur les savoir-faire et les expériences innovantes. Ainsi, je mobiliserai des moyens supplémentaires pour favoriser la vulgarisation, la formation et la recherche, afin de donner l’opportunité aux agriculteurs d’améliorer le stockage du carbone, de réduire des gaz à effet de serre.

Il s’agira également de soutenir toutes les formes d’organisations collectives qui permettront aux agriculteurs d’entrer dans un nouvel modèle de développement. Je négocierai au niveau européen pour que 400 millions d’euros de la Politique agricole commune soient consacrés au financement des agriculteurs prêts à adopter le modèle agroécologique. Ce modèle réduit l’usage des engrais et autres intrants, préserve les ressources naturelles et recourt aux circuits courts notamment. Par ailleurs, je ferai modifier les critères de l’examen des dossiers de reprise d’exploitation afin de favoriser systématiquement les projets en agriculture biologique ou agroécologique.

Deuxièmement, cela passe par la transition vers une agriculture durable dont l’agriculture biologique. L’agriculture biologique est en pleine expansion. Il est essentiel d’accompagner ce développement par un soutien direct aux producteurs et aux investissements. La conversion et la structuration de la filière sera une de mes priorités si je suis élu. Je m’engage à soutenir les circuits d’approvisionnements locaux et les circuits courts en privilégiant l’agriculture biologique et en dépassant les 50 % de produits biologiques dans les restaurations collectives publiques d’ici 2022.

D’autre part, je souhaite renforcer les bonnes pratiques et l’éducation en faveur d’une alimentation plus saine et de qualité, notamment auprès des jeunes. Enfin, je propose d’appliquer une TVA à taux réduit sur les produits bio. Cela permettra à la fois de développer ce secteur et de démocratiser l’accès du bio à toutes les couches de la société. En outre, je propose d’assurer une meilleure mise en valeur des produits bio en créant un label public bio au niveau européen, avec un cahier des charges contraignant pour les cosmétiques, les textiles et les produits ménagers bio.

Enfin, il me paraît important d’approfondir les Groupements d’intérêt économique et environnemental (GI2E) prévus par la loi d’orientation agricole en les faisant évoluer vers une forme de société coopérative. Ils constituent l’un des outils structurants du projet agro-écologique pour la France. Nous renforcerons également le bail environnemental en élargissant les « clauses environnementales » qui peuvent être introduites dans le bail à des pratiques à haute valeur environnementale (agroécologie), et en permettant qu’elles s’appliquent y compris sur des zones qui ne sont pas concernées par une réglementation environnementale particulière.

Quelle place souhaiteriez-vous donner aux agriculteurs dans les territoires ruraux et urbains ?
La question agricole ne se limite pas à l’économie. C’est une question politique qui renvoie à notre manière de vivre, à notre histoire, à notre lien avec la nature. L’agriculture, c’est d’abord et avant tout, un choix sociétal. À ce titre, il est essentiel de reconnecter l’ensemble de nos concitoyens avec l’agriculture, y compris dans les territoires urbains. Par ailleurs, les agriculteurs ont une fonction territoriale structurante qu’il est essentielle de préserver.

Il s’agit de créer des projets de territoires associant les agriculteurs et les autres partenaires du monde rural autour de l’alimentation, la production d’énergies renouvelables, les produits non-alimentaires comme les agro-matériaux et les produits issus de la chimie verte, les services environnementaux, touristiques etc. En un mot il s’agit de remettre l’agriculture au cœur de notre projet de société.

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